Cherche soldat de 70

L’autre jour, ma mère cherchait un bijou de famille à offrir à sa petite-fille pour ses 18 ans. Elle a donc sorti le carton des précieuses vieilleries, plein de petits écrins, de sachets et de boîtes. L’une d’entre elles contenait une surprise.

Il y avait à l’intérieur des médailles.

Nous en connaissons certaines : la Légion d’honneur de mon grand-père, sa croix de guerre, quelques médailles religieuses offertes lors d’un baptème ou d’un pélerinage…

Et puis, au milieu : photo 4 bis

Elle est passablement ternie, mais on y lit clairement les dates 1870-1871, et l’inscription, en bas, « Oublier… jamais ! ».

De rapides recherches [1] ont permis de savoir qu’il s’agit de la  médaille des vétérans de la guerre de 1870.

Ce n’est pas une médaille commémorative officielle : il faudra attendre 1911 pour que la République  se décide à rendre hommage à ses anciens combattants : la guerre de 1870, associée au souvenir douloureux de la défaite, n’est pas un épisode historique glorieux. Cette médaille-ci a été distribuée par la Société des Vétérans et non par l’Etat.

S’il n’a pas été difficile d’identifier l’objet, en revanche, une autre question se pose :

A qui cette médaille avait-elle été décernée ?

Pas de souvenir, dans la mémoire familiale, d’un soldat de 70. Jamais entendu parler de cela, alors que nous avons grandi avec les récits de la guerre de 14 de mon grand-père paternel.

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Il va falloir chercher.

C’est forcément un ancêtre direct : on ne transmet pas les médailles à des cousins ou des proches, ça reste soigneusement rangé chez les enfants, puis les petits-enfants. Ou un homme sans descendance, dont la soeur, le frère aurait gardé les affaires ?

 

Le père de mon grand-père, Stanislas Bec  ? mais il est né en 1851, c’est un peu jeune, et de toute façon sa fiche matricule nous l’indiquerait sans plus de suspense. Et son père est de 1809, c’est trop vieux.

Le grand-père maternel de ma grand-mère, Théophile Barascud ? né en 1853, trop jeune.

Le grand-père paternel de ma grand-mère, Pierre Bernat ? né en 56, trop jeune.

Il reste le grand-père maternel de mon grand-père, Joseph Castagner. Né en 1840, cultivateur à Brusque. Il n’a cependant pas de fiche matricule : elle ne commencent qu’en 1867, pour les hommes nés en 1847.

Il faudra aller consulter les archives militaires, les journaux, les registres de conscription aux AD, voir ce que l’on retrouve des archives de la Société des Vétérans.

Pas facile : il y a peu de choses sur la guerre de 1870 : pas de bases de données, pas de collecte comme pour 1914 ou même pour les soldats du Premier Empire.

Mais je trouverai. Je vous raconterai.


En attendant, quelques suggestions de lecture pour nous plonger dans la période ?

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La Débâcle, d’Emile Zola, dix-neuvième roman de la série des Rougon-Macquart, qui raconte la défaite de Sedan : ça tombe bien, il fait partie de ceux que je n’ai pas encore lus !

Boule de Suif, de Guy de Maupassant ? oui, pour le plaisir de cette peinture satirique des bonnes consciences qui ne valent pas lourd…

et ce poème de Rimbaud,  bien sûr, qu’on connaît par coeur, daté d’octobre 1870 :

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[1] : http://www.militaria-medailles.fr ; http://www.france-phaleristique.com

2 réflexions sur “Cherche soldat de 70

  1. Ping : Celle de Soixante-Dix – De sang et ligne

  2. de Firmas Aline

    La généalogie reste pour moi, un domaine encore inexploré.

    Ce mot m’évoque immédiatement ; arbre généalogique, archives,documents, dates, noms, descendance, secret, interrogation…

    En lisant ton article surgit alors la notion d’aventurière, de détective, d’archéologue.

    Ce monde qui jusque-là m’apparaissait comme poussiéreux revêt alors une dimension qui relève de la quête.

    Un jeu du chat et de la souris, allé dénicher des trésors et en découvrir les origines.

    Une autre partie de ton travail met aussi en lumière, me semble-t-il, une approche profondément humaine, un rapprochement, une entrée dans la sphère intime de l’autre.

    Poser les choses informelles et les associer avec tout ce qu’elles véhiculent d’émotionnel.

    Je suis encore une fois émerveillée par l’utilisation féconde d’une partie de ton énergie créatrice à la réalisation de ce projet !

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